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84 Vaucluse

Le Vaucluse est l'un des plus petits départements français. Il est surtout connu grâce à la cité des Papes, le Mont Ventoux qui domine les plaines provençales, le Lubéron et son Parc National préservé, le melon et l'huile d'olive, les saveurs de son terroir et la culture de l'art de vivre en Provence. Tout n'est que contraste des paysages et des couleurs avec l'ocre du Colorado provençal, le mauve des champs de lavandes et le vert des hectares de vignobles de Tavel (rosé) et de Châteauneuf-du-Pape (blanc et rouge) célèbres dans le monde entier. La richesse du département c'est aussi son histoire romaine et sa culture, ses monuments et son artisanat local. Le Luberon avec ses villages typiques et ses champs de lavande. La route des ébénistes et des antiquaires vers Avignon : le travail du bois et du mobilier provençal voit l’apogée de son style au XVIIe et XVIIIe, au coeur du triangle Arles-Aix et Avignon. Meubles anciens ou copies, un itinéraire à suivre chez les artisans ou en chinant à la brocante entre l’Isle-sur-la-Sorgue et Avignon.

Cavaillon est avant tout la capitale du melon, entourée de garrigues odorantes. Ses magnifiques marchés paysans vous montrent le vrai visage de la Provence.

Gordes est un petit village forteresse au charme exceptionnel et perché sur un rocher, ce qui lui a valu d'être reconnu comme une des plus beaux villages de France.

Fontaine de Vaucluse est certainement le site naturel le plus visité du département en raison de son impressionnante source qui jaillit au pied d'une falaise haute de 230 mètres.

Vaison La Romaine est une ville du plus haut intérêt archéologique. Ses sites d'anciennes colonies romaines sont très bien conservés et la haute ville demeure un lieu pittoresque incontournable.

Abbaye de Sénanque : Monument du 12ème siècle dont la beauté de l'architecture et du vallon qui l'entoure vous coupent le souffle. Cette abbaye est un joyau entretenu par des moines cisterciens.

Orange : Ville d'arts et d'histoire, Orange est exceptionnelle par son patrimoine historique dont le célèbre théâtre antique classé monument mondial, pure merveille d'architecture est demeuré intact.

Apt se situe au coeur du Parc National du Luberon. Cette ville typiquement provençale est classée « site remarquable du goût » pour la qualité des produits de son terroir . Elle est reconnue capitale mondiale du fruit confit.

L'Isle sur la Sorgue est un petit joyau incontournable de Provence. Elle est traversée de petits canaux qui confèrent à son centre-ville un charme naturel. Ses nombreuses boutiques d'antiquités et galeries d'art sont réputées dans le monde entier.

Avignon, ville d'histoire, est très marquée par l'héritage architectural laissé par les Papes. Elle surplombe les immenses plaines du Rhône et sa position stratégique en a fait à l'époque une formidable forteresse. Elle est aujourd'hui reconnue capitale du spectacle.Visitez, ou découvrez en croisière sur le Rhône, le célèbre Palais des Papes (Napoléon Bonaparte y a séjourné après la guerre d’Egypte), le Pont aux 4 arches restantes, les Remparts, le Pont du Gard, la Fontaine-de-Vaucluse, le Luberon, les Vignobles de Tavel et de Châteauneuf-du-Pape. Le palais des Papes, construit au milieu du XIVe siècle, est la plus grande des constructions gothiques du Moyen Âge. Le Pont d’Avignon, construit au XIIe siècle et nommé le pont Saint-Bénezet, reliait Avignon à Villeneuve. Les Remparts entourent la vieille ville sur près de 5 km.

Carpentras : Ville d'art, elle offre aux amoureux de vielles pierres un vaste patrimoine culturel. Elle a conservé intacts  ses traditions et son marché provençal avec ses fameuses truffes, ses fraises et ses bonbons berlingots.

Dans un précédent article, je vous ai parlé de l'activité de CATHEDRALE D'IMAGES, carrière des Beaux de Provence, où sont projetées des photos, toiles, peintures, selon des thèmes et associations prédéfinis. Le spectacle est renouvelé chaque année et pour 2009, c'est Pablo Ruiz Picasso qui est mis à l'honneur.

Le peintre espagnol, né en Malaga en 1881, fût l'un des peintres les plus influents de sa génération. Nombreuses sont ses oeuvres exposées dans le monde entier. Je voulais en profiter pour évoquer l'une d'elle, et non des moindres, "les Demoiselles d'Avignon".

Ce tableau, exposé au Musuem of Modern Art de New York (MoMA), fût achevé en 1907 et fortement controversé. A l'origine d'un nouveau mouvement qu'est le cubisme, dont Picasso en est le co-fondateur avec Georges Braque, ce tableau s'inspire de l'intérieur d'un bordel et représente plusieurs prostituées dénudées.

Le mot "Avignon" n'a, comme son nom ne l'indique pas, aucun lien avec la Cité des Papes! En effet, il faut savoir que Picasso a vécu de nombreuses années à Barcelone, et que l'inspiration pour ce tableau lui est venue de maisons closes se situant dans la carrer Avinyò - littéralement du Catalan - rue d'Avignon. Il ne témoigne nullement d'un style de vie en lien avec la Provence.

Néanmoins, n'hésitez pas à venir découvrir la projection des oeuvres de l'illustre peintre espagnol, à la CATHEDRALE D'IMAGES des beaux de Provence.

 

La Gard regorge de nombreuses richesses, plus prestigieuses les unes que les autres. Mais du côté d'Uzès, se trouve une bien curieuse usine ; celle d'HARIBO. Tout le monde dans son enfance - et sûrement encore aujourd'hui - a eu l'occasion de goûter aux bonbons gélifiés de la fameuse marque allemande.

Et bien, s'il existe plusieurs usines à travers l'Europe, Uzès abrite aussi le musée HARIBO, qu'il est possible de visiter et c'est bien entendu ce que se devait de faire l'Avignon Hôtel Monclar! Commençons néanmoins par un peu d'histoire.

Il faut savoir que l'instigateur de cet empire est Hans Riegel. Né en 1893 à Bonn, il n'a que 27 ans lorsqu'il décide de lancer sa propre entreprise. Le nom de HARIBO vient des premières syllabes de son prénom "HA", de son nom "RI" et du son lieu de naissance, "BO".

A ses débuts, et comme cela est généralement le cas quand on est jeune, plein d'idées, mais sans le sou, Hans Riegel ne dispose dans la buanderie de sa maison, que de peu de moyens. A peine un sac de sucre, une plaque de marbre, un rouleau, un chaudron en cuivre ainsi qu'un four !

Sa détermination et le soutien de sa femme, qui livrera les bonbons en vélo, et plus tard en voiture, auront raison de sa réussite. La production ne cesse de croître et suite au succès de l'ourson "Tanzbar", une nouvelle gamme de gélifiés est créée, ainsi que les premiers réglisses. Il devient alors nécessaire de trouver des locaux plus grands, mieux appropriés, et d'engager des ouvriers.

En 1930, la marque a conquis l'Allemagne toute entière et le slogan "HARIBO macht Kinder froh" (HARIBO rend les enfants heureux) est connu de tous. Le nombre d'employés passe ainsi de 160 à 400, dix ans plus tard. Seulement, avec la guerre, toute cette économie du bonbon se trouve fragilisée.

Hans Riegel trouvera la mort en 1945, la guerre à peine achevée. Ce sont ses fils qui, par la suite, développeront considérablement la marque. L'un deux se chargera de la commercialisation, l'autre de la production. L'essor est considérable, l'usine emploie plus de 1000 salariés, le slogan est repensé - pour les grands et les petits - et les premiers spots publicitaires font leur apparition dans les années 60.

Les années suivantes marquent l'implantation de HARIBO à travers toute l'Europe, et même sur le continent Américain. Mais en 2009, du côté d'Uzès, qu'en est il ? Après avoir gagné un concours sur Radio France Bleu Vaucluse, je me retrouve avec un gros paquet de bonbons HARIBO, et des entrées gratuites au musée. L'occasion de vous faire partager cette expérience est on ne peut plus belle!

Ainsi, me voilà rendu sur place, dimanche dernier, afin de me régaler les yeux et les papilles. Je présente donc mes invitations à l'entrée, mon petit neveu qui m'accompagne est fou de joie. La dame présente à l'accueil nous remet un guide d'après visite - genre de cahier de jeux, avec coloriages, questions réponses, etc... - ainsi que trois petits paquets de bonbons et un jeton à utiliser au cours de la visite. Trône également sur le comptoir plusieurs présentoirs à bonbons, totalement gratuits ! Bon, bon, c'est pas tout ça, mais la visite nous attend !

Le bâtiment se présente sur plusieurs étages. L'un d'entre eux porte sur l'histoire de la famille Riegel depuis ses origines en Allemagne, jusqu'à son implantation dans plusieurs pays du monde. Un autre est davantage axé sur l'histoire du bonbon dans sa conception, sa confection, jusqu'à sa distribution. On peut ainsi voir les moules servant à réaliser toute les formes connues de bonbons, des plus anciens aux plus actuels, les cuves, et les chaudrons en cuivre nécessaire à leur fabrication.

Au sous-sol, se trouvent plusieurs machines qui servent à produire des bonbons en grande quantité. On peut aisément comprendre l'évolution technologique et temporelle au fil de la visite, tout en s'amusant au moyen de petits ateliers ludiques, visant à tester nos connaissances. Tous nos sens sont mis en éveil, l'odorat, en respirant les parfums de fruits, ou de réglisse ; le toucher, en palpant à l'aveugle différentes formes de bonbons ; ou encore l'ouïe nous donnant des indices pour identifier le type de friandise dont il s'agit. Pour le goût, ce sera un peu plus tard !

Une curieuse machine se trouve sur notre chemin au cours de la visite. Il semblerait que ce soit à cet endroit que doive intervenir le jeton remis à l'entrée. Digne des machines à sous dans les plus grands casinos de Las Vegas, elle produit - en direct - des sachets de bonbons. Leur nombre varie en fonction du hasard. Mon petit neveu, très stimulé par le ce jeu, insère rapidement son jeton, tire le manchot, et déclenche un vacarme infernal ! Tous les rouages s'animent, on voit les bonbons monter dans une spirale, puis redescendre, les rouleaux de sachets entrer en action, et être découpés au coup par coup, et finalement 5 sachets tombent dans notre escarcelle ! La machine redevient ensuite totalement silencieuse.

Si le musée est ouvert le dimanche, ce n'est pas le cas de l'usine. C'est un peu dommage car il est fort intéressant de pouvoir visualiser l'application directe de ce qui a été expliqué quelques instants plus tôt. Néanmoins, le point d'orgue de la visite se situe lors de l'arrivée à la boutique. En effet, sur une surface d'environs 200m² sont proposés des montagnes de bonbons. Limite scandaleux par la quantité, mais encore plus par le prix ! Forcément, nous sommes au coeur de l'usine, le prix défie toute concurrence, et après une bonne demie heure de "shopping", nous voilà avec 7,5 kilos de bonbons ! au prix de 33 euros. Qui dit mieux ?

Un agréable moment donc que cette visite suivie d'un passage à la boutique ou l'on peut y trouver un large choix de produits dérivés, et bien sûr de bonbons qui sauront ravir chacun. Ah... Haribo... c'est vraiment pour les grands et les petits !

Vous n'êtes pas sans savoir qu'Avignon fut il y a plusieurs siècles, le berceau même de la papauté et du christianisme dans le monde.

Pour ce 700ème anniversaire de l’arrivée des papes dans la ville, dès le 7 mars et tout au long de l’année, nombre de manifestations seront organisées pour commémorer cet événement qui a changé radicalement le destin de l'Avignon.

En 1303, à la mort du pape Boniface VIII, Benoit XI est nommé, mais son règne ne durera que quelques mois, le temps pour le Conclave de Pérouse de se réunir afin d'assurer la succession de ce dernier. Le 05 juin 1905, l’archevêque de Bordeaux, Bertrand de Got, devint alors le nouveau souverain pontife et prit le nom de Clément V.(1305-1314)

Se trouvant dans son diocèse lorsqu’il apprit son élection, il s’achemina par étapes successives vers Avignon, où il fit son entrée solennelle le 9 mars 1309. Il n’avait pas l’intention de transférer le Saint-Siège en France, mais les conflits qu’il devait régler le poussèrent à rester à proximité du roi de France pour mener à bien de difficiles négociations.

Avignon était un emplacement de choix. Propriété de Jeanne de Naples, comtesse de Provence depuis 1290, la ville était surtout proche du Comtat Venaissin - dont Carpentras était la capitale - lequel appartenait à l'église depuis 1274. Clément V s'installe donc sur les bords du Rhône où le fameux pont de saint Bénezet a été construit depuis plusieurs années déjà… L’élément n’est pas anodin puisqu’il s’agit du premier pont sur le fleuve depuis la mer. Avignon a donc une position géographique de premier plan. Et c’est d’ailleurs une des raisons pour lesquelles le pape décide d’y installer sa résidence.

A sa disparition, il fallut plus de deux ans au Conclave de Pérouse pour nommer un nouveau pape. En 1316 donc, Jean XXII (1316-1334) fut désigné. Il aura à coeur de lancer la grande machine Avignonnaise de fairede cette petite ville un centre politique, un centre administratif et un centre financier. La Cour pontificale y déploie ses fastes, une université dispense des cours de théologie, de droit et de médecine. Le Palais des papes, construit à partir de 1335, devient le symbole aussi de ce rayonnement, un rayonnement qui est tout simplement celui de l’Eglise d’Occident.

En 1334, Benoît XII(1334-1342) aura à coeur de poursuivre l'oeuvre de son prédécesseur. Très religieux et très pieu, il sera surnommé le Saint Homme, et se donnera pour mission de gérer la bonne vie du palais, sans excès.

1342 est l'année qui marquera un vrai changement dans le règne pontifical avec l'arrivée de Clément VI (1342-1352). Six ans plus tard, et pour 80 000 Florins, il décida de racheter la ville à la comtesse de Naples. Cela faisait déjà 40 années que les papes siégeaient en Avignon, ce qui en faisait le règne le plus long en dehors de Rome, la ville éternelle. Ce nouveau pape est celui de toutes les largesses. Il développe la vie du palais en y faisant venir pléthorie d'artistes, de peintres, d'orfèvres, et d'architectes.

A sa disparition en 1352, son frère refuse la tiare pontificale. C'est finalement Innocent VI (1352-1362) qui prendra sa succession et comme souvent, ce choix témoigne d'un désir de changer littéralement de style. En effet, le nouveau représentant de l'église se voudra économe. C'est un grand réformateur mais souvent brutal. Néanmoins, on lui doit la Chartreuse de Villeneuve, où il sera inhumé, ainsi que les remparts de la ville d'Avignon, qui devint alors, une ville fortifiée.

Urbain V (1362-1370), est le sixième pape d'Avignon. Bien avant son élection, il avait considéré que le pape devait siéger à Rome et non ailleurs. « Notre retour à Rome, nous le souhaitons et nous ne tarderons pas à l'effectuer, si des empêchements de la plus haute importance ne nous retenaient ici. Mais nous l'espérons, le Très Haut lèvera les obstacles». Son retour Romain fût un véritable fiasco. Il prit alors la décision de retourner en Avignon ou il mourut en 1370.

Cette année là, Pierre Roger de Beaufort devint Grégoire XI (1370-1378). Il est à ce jour le dernier pape français. Grand humaniste, il est un passionné des livres, ce qui le porte à la recherche de manuscrits précieux. C'est aussi un amateur de toutes les manifestations de la culture. Il a un grand talent de diplomate ce qui lui est d'un grand secours pour les difficiles négociations qu'il doit entreprendre. Grand artisan du retour de la papauté à Rome, sa mort en 1378, marque le début du Grand Schisme d'Orient.

Si jusqu'à présent on parlait des papes à Avignon comme seuls et uniques souverain pontifes, on parlera désormais des papes de Rome et des papes d'Avignon.

La paix d'esprit à peine instaurée, elle reste pour autant très fragile. Le conclave des cardinaux qui se réunit au Vatican pour élire un nouveau pape. Urbain VI est désigné mais se révèle autoritaire et despotique. Par ses provocations, il se met à dos les cardinaux qui se réunissent en septembre 1378 à Fondi hors de Rome. Ils dénoncent l'irrégularité de l'élection d'Urbain VI et élisent Robert de Genève qui prend le nom de Clément VII (1379-1394).

Les royaumes chrétiens sont perplexes, contraints de choisir entre deux papes. La France et la reine Jeanne de Naples soutiennent Clément VII tandis que l'Angleterre et l'empereur germanique Charles IV restent sous l'obédience d'Urbain VI.

Benoît XIII sera finalement le dernier pape a résider à Avignon entre 1394 à 1403. Depuis, seul le Vatican à Rome sera reconnu comme siège du Saint-Père.

Sans vraiment généraliser, la Place de l'Horloge regorge de nombreux restaurants, souvent pièges à touristes, qu'il vaut mieux éviter. Néanmoins, en passant par hasard devant l'un d'eux, je fus interpellé par le menu. Des prix corrects, une carte alléchante, il va falloir que je teste !

Je m'y rends le soir même, sans réservation. Sur le trajet, un vent de tous les diables, spécialité Avignonnaise, me glace le corps. Je m'empresse donc d'entrer dans le restaurant en ayant préalablement remarqué les nombreux pieds de vigne - déposés dans des bacs à fleurs revisités - délimitant la terrasse estivale. Il n'y pas foule ce soir là mais j'aime autant, cela me permettra d'étudier mon menu et faire des photos à mon aise.

Il faut savoir que Les Domaines est un restaurant orienté sur le vin. A chaque plat figurant à la carte sont conseillés deux verres, en supplément. Un accord étudié qui permet de guider le client, bien souvent démuni face à un choix pouvant être large et complexe.

Le serveur aux allures de sommelier, normal me direz-vous, me place et m'apporte la carte. On note tout de suite que la salle a été récemment rénovée, pas la moindre trace d'usure, c'est propre et bien agencé. Les murs, blancs, sont décorés par des grappes de raisin et feuilles de vignes. Ayant déjà une idée bien définie sur mon repas du soir, je n'ai pas besoin de consulter la carte et patiente de longs instants avant que l'on prenne ma commande.

L'attente aurait pu être gênante, mais le restaurant a eu l'ingénieuse idée de projeter des films nous racontant le vin, son histoire, sa confection, et nous donnent plein d'informations et astuces quant à sa préparation, son service, et même sa façon de le déguster. Pour tout vous dire, j'ai fait 2 années d'oenologie, et les bases ne me sont pas inconnues. Néanmoins, le film est bien fait et j'ai appris tout un tas de choses que j'ignorais.

Bref sans en faire un cours magistral, c'est simple, ludique et surtout cela permet de patienter ! Ah le serveur revient, passons commande !

Un pichet d'eau et du pain me sont portés. L'eau est en fait servie dans une bouteille de Tavel (vin rosé bien connu dans la région) et le pain, dans une jolie corbeille en fer. Pour une personne, j'ai eu droit à quatre petits pains, de variétés différentes. Sûrement pré-cuits, et réchauffés en dernière minute, mais quand même goûteux.

En entrée, je retiens le croustillant de chèvre au miel. Une salade accommodée de pignons de pin, et jonchée de gressins l'accompagne. L'assiette est bien dressée, et servie rapidement. Je regrette tout de même que le croustillant ne l'ait pas été un peu plus. Le chèvre et le miel ont eu tendance à ramollir un peu la feuille de brick. Le goût est quand même très bien équilibré, et les morceaux de pommes, ajoutés à la préparation, donnent à ce plat une rondeur exquise. Le vin suggéré et choisi, un Lirac rouge AOC Côtes du Rhône Méridionales, se marie très bien avec le chèvre et permet d'adoucir l'acidité de la pomme.

Après avoir terminé, je suis vite débarrassé et le plat suivant ne se fait pas attendre. Un magret de canard laqué aux 5 épices a eu raison de mon choix. Lors de mes visites gourmandes, j'essaie autant que possible de varier les plats, mais quand il s'agit de canard, il est très dur pour moi d'en faire l'impasse ! L'assiette arrive, et là... angoisse. Il ne fait aucunement mention sur la carte de la copieuse Polenta qui sert de garniture au magret. Non pas que je n'aime pas la Polenta, mais j'avoue ne pas en être un grand amateur et la trouve souvent mal préparée. La dose servie me laisse présager qu'elle retournera presque intacte en cuisine.

C'est aussi pour ça que j'aime tester des restaurants, des cartes, des plats classiques ou plus originaux. J'aime être surpris, être conquis. J'aime quand mes préjugés sont bousculés, et là... bingo ! La Polenta était sublime ! Le magret, ou plutôt demi magret (et c'est là le seul défaut du plat) était purement succulent. Comme vous le savez, la cuisson des viandes est demandée lors de la prise de commande par le serveur. Un magret de canard, de par sa préparation, n'a vraiment aucun intérêt à être bleu, ou bien cuit. La cuisson idéale se situe entre "saignant" et "à point". Et comme trop rarement, cette fois, ce fut parfait. Le canard a été bien doré sur sa peau, puis le jus de cuisson, débarrassé de son gras, a été déglacé au miel avec gingembre, cannelle, et clous de girofle. Cette sauce, dans laquelle j'ai pu tremper la Polenta, était simplement divine. Des tomates cerise s'ajoutent au plat mais ont plus une importance esthétique que gustative. Du vert, du jaune, du rouge, un plat bien réussi agrémenté d'un excellent verre de Vacqueyras.

Une fois mon assiette bien "nettoyée", arrive le moelleux au chocolat. Incontournable dessert de tout restaurant qui se respecte, j'y ai cédé à nouveau en raison de sa préparation incluant du caramel salé. Présentation sobre, le moelleux était un peu froid, et pas assez coulant. C'est vraiment dommage d'autant que le caramel était bon, et la crème anglaise bien faite. Il manque un peu d'explosivité au dessert. L'assiette semble un peu vide et disproportionnée. Le moelleux apparait comme plus petit que le verre de crème anglaise. A lui seul, il coute quand même 7 euros.

L'addition est présentée : 39 euros entrée, plat, dessert, avec deux verres de vin. Compte tenu de l'emplacement du restaurant sur la place de l'horloge, proche de l'Opéra et du Palais des Papes; compte tenu des produits utilisés et du vin servi, le rapport qualité prix est plus qu'honnête. Une très bonne adresse donc, que l'Avignon Hotel Monclar vous recommande chaudement.

Bon appétit !

Comme chaque année, le mois de janvier fait la part belle au monde équestre avec Cheval Passion.

 

Cette 24ème édition, troisième manifestation du genre en Europe, mais certainement la plus créative, s'est tenue du 14 au 18 janvier dernier, au parc des Expositions de Châteaublanc, à Avignon.

 

Le point d'orgue du salon est sans conteste, le gala des Crinières d'Or, auquel l'Avignon Hôtel Monclar se devait d'être présent. Je me suis donc rendu sur place, pour la représentation du samedi soir avec, je dois bien l'avouer, des notions plus que rudimentaires sur l'univers équestre. Néanmoins, pour recevoir une forte clientèle d'aficionados amateurs ou professionnels chaque année à l'hôtel, il fallait bien que je m'y rende moi-même afin de découvrir ce monde qui m'était jusqu'à lors, totalement étranger.

 

Samedi soir donc, je constate que les trottoirs sont envahis de véhicules, les parkings sont surchargés, et pourtant les allées menant au parc des expositions semblent désespérément vides. Peu de lumière, mais une grande salle m'a immédiatement attiré, j'entre donc. Plusieurs restaurants ont investi les lieux, pour proposer un repas spectacle. La salle est bondée, plus une table, plus une chaise ne sont libres, et le spectacle ravit chacun. Une scène centrale - afin d'avoir une vue panoramique sur l'ensemble des personnes présentes - a été installée. Des lumières et décors entrainants, une ambiance à tout rompre, me serais-je fourvoyé ? le monde du cheval ne serait-il pas uniquement symbole de rigueur, dureté, et discipline ? Visiblement pas.

 

Bien sûr, je suis convaincu que ce que nous voyons, exécuté aussi facilement, témoigne d'heures interminables de travail acharné, mais la façon dont ce travail est présenté, est plus que séduisante, vite, je dois reprendre mes esprits, et poursuivre ma route jusqu'aux tribunes du gala, qui ne va pas tarder à commencer.

 

Les innombrables allées fourmillent de gens aux yeux pétillants. Beaucoup de familles, avec de jeunes enfants, sont présentes. Il faut savoir que Cheval Passion n'est pas seulement le fruit d'un gala dans une grande salle. Cheval passion, ce sont 12 bâtiments ouverts à plus de 250 exposants, 8 concours organisés, Poney Passion également mais aussi et surtout le Marché International du Spectacle Equestre de Création (MISEC). Bref, l'univers du cheval sous toutes ces formes alliant l'essentiel et le superflu (ballons, vêtements, peintures, photographies, etc...).

 

Pressons, plus que quelques minutes avant le début du spectacle. Les gens passent d'un bâtiment à l'autre, quelque chose se prépare. Les annonces au micro invitent les spectateurs à prendre place dans les tribunes. Je me trouve dans la partie G, un virage, mais la vue est satisfaisante. La scène est bien évidemment très spacieuse afin que les protagonistes et leur monture puissent évoluer dans les meilleures conditions.

 

21h00, le spectacle commence sous la direction de Calixte de Nigremont, un personnage haut en couleur, fort drôle qui, à lui seul, est un spectacle entier !

 

Le programme est annoncé, plusieurs numéros vont se succéder. Ils n'ont pas de liens entre eux. En fait, sur des bases de dressage, de formation, et d'amour du cheval plus ou moins semblables, chacun aura développé sa propre sensibilité, traduit son propre savoir et sa conception de l'association homme - cheval. Ce sont ces différentes applications qui aboutissent à un spectacle riche et varié.

 

La garde républicaine est certainement la plus habituée de ce gala des Crinières d'or avec sa 20ème participation en 24 éditions. Pour cet anniversaire, les Gardes Républicains, parmi lesquels figurent trois sélectionnés des Jeux Olympiques de Pékin, ont proposé un résumé de leur prestation. L'aspect technique prévalant, le spectateur non-initié, comme moi, peut passer assez largement à côté de ce "best of", mais il appréciera amplement les costumes et l'harmonie parfaite entre le cheval et son cavalier.

 

Les numéros les plus visuels tels que celui proposé par "Movie Riders 2 dans thunder X", une compagnie venue d'Italie, enchantera petits et grands par ses prouesses artistiques, alliant l'homme, le cheval et le feu avec, souligné par des éclairages et décors merveilleux. Des moments très spectaculaires aussi avec des maîtres du genre tels que Jean-Marc Imbert qui sans bride, ni badine, commande ses chevaux à la voix, debout, un pied sur la croupe de chacun d'eux ou bien Eric Gauthier, le "Gentleman d'Epsom" qui fait faire de la corde à sauter enflammée à son cheval, Prince, sur une piste fermée !

 

Le gala enchaîne, sans pause, dans un rythme soutenu, élevant le niveau de performance au fur et à mesure, en proposant néanmoins des numéros de pure douceur avec le couple Myriam et Gilles Marnay, dans une chorégraphie accompagnée d'un pianiste et de la soprano Estelle Payan Daca interprétant "Casta Diva" de Bellini. Je suis très heureux du parcours professionnel de cette dernière avec qui j'ai pu partager des années de lycée et des cours d'italien de haute voltige ! Alizée Froment n'est pas en reste avec son numéro associé avec un corps de ballet, la Compagnie François Mauduit.

 

Que seraient les Crinières d'Or sans la présence systématique et on ne peut plus évidente, des chevaux de Camargue ? Sous l'égide de l'Amicale Equestre de la Montagnette, venue en nombre, ils effectuent un carrousel en dextre d'une rare qualité et ils ont ainsi ravi le public sur des airs de techno-music. Là, j'avoue avoir été un peu décontenancé. En effet, en Provence, avec des chevaux de Camargue, dans une région où - comme Calixte de Nigremont se plaisait à nous le rappeler - les clichés ne manquent pas, avec les Gardians, les flamands roses, les taureaux, les moustiques ! la musique Gitane aurait été absolument parfaite. D'autant plus que Chico et ses Gypsies viennent tout juste de sortir un nouvel album. Bref, pas le temps de hennir, on enchaîne !

 

La part belle revient en fin de gala, à un numéro extraordinaire de Jean François Pignon qui a littéralement séduit l'ensemble de la foule présente. Cette faculté de communication entre l'homme et l'animal semble nettement dépasser le dressage. En compagnie de plusieurs chevaux, il nous fait partager sa passion, son amour du métier, et surtout la complicité qu'il peut avoir avec ses bêtes. De l'acrobatie, des échanges, des chevaux qui se couchent comme morts, juste à sa demande, puis se réveillent, s'assoient, se relèvent. Arrive enfin un poney, purement adorable, qui s'efforça de suivre, tant bien que mal, le rythme endiablé de ses grands cousins.

 

Les photos manquent pour traduire la richesse d'un tel gala, j'en ai donc sélectionné huit, telles un fil conducteur de la soirée. J'espère ainsi permettre à ceux qui l'ont vécue, de se la remémorer tendrement, et ceux qui n'ont pu s'y rendre, enfin les convaincre de partager de purs moments d'émotion que l'on peut savourer sans pour autant fréquenter régulièrement ce monde à part.

 

Une très agréable soirée qui nous un donne un instant, l'impression de redevenir un enfant.



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